Center for Internet and Society

À propos

Le Centre Internet et Société (CIS) est un centre de recherche créé par le CNRS en 2019.

Au croisement de disciplines telles que la sociologie, le droit, l'histoire, l'économie, la science politique, les sciences de l'information et de la communication, l'informatique et les sciences de l'ingénieur, le CIS entend construire une recherche et une expertise indépendantes et interdisciplinaires, capables d'éclairer les grandes controverses techniques et la définition des politiques contemporaines liées au numérique, à l'internet, et plus largement à l'informatique.

Fort d'une identité fondée sur l'interdisciplinarité de ses ancrages théoriques et de ses méthodes, le centre a ainsi vocation à nourrir une expertise et une réflexion critique sur les enjeux émergents du numérique, tels que l'intelligence artificielle (IA), la place des grandes plateformes dans l'économie, la prolifération de la robotique, etc.

Dans le cadre de ses activités, le CIS se veut également un laboratoire pour l'élaboration et la promotion de bonnes pratiques en matière d'usages scientifiques du numérique (outils de collaboration, méthodes numériques d'enquête, d'analyse et de visualisation de données, stratégie de communication, recherche participative).

CNRS UPR 2000

Créé le 1er janvier 2019, le Centre Internet et Société est actuellement composé d'une unité propre de recherche du CNRS (UPR 2000), rattachée à l'Institut des sciences humaines et sociales (INSHS) et dirigée par Mélanie Dulong de Rosnay (DU) et Francesca Musiani (DU adjointe).

GDR en formation

Le numérique et les réseaux sont des objets de recherche tant pour les sciences sociales que pour les sciences mathématiques, informatiques et de l'ingénieur. Un projet de groupement de recherche (GDR) sera déposé en 2019, afin de fédérer des chercheurs et universitaires de ces différentes disciplines et structurer ainsi un réseau multidisciplinaire en France.

Réseau international

Le CIS s'intègre à plusieurs réseaux de recherche comme le NoC (Global Networtk of Internet and Society Research Centers), GigaNet (Global Internet Governance Academic Network), RESAW (Research Infrastructure for the Study of Archived Web Materials) et Public Data Lab.

Équipe

Le CIS est composé de Mélanie Dulong, Francesca Musiani, Tommaso Venturini et Jean-Marc Galan, chercheurs CNRS, Ksenia Ermoshina, chercheuse postdoctorante, Céline Vaslin, secrétaire générale, et de chercheurs associés et invités.

Mélanie DULONG de ROSNAY

Chargée de recherche, Directrice

Francesca MUSIANI

Chargée de recherche, Directrice adjointe

Tommaso VENTURINI

Chargé de recherche

Jean-Marc GALAN

Chargé de recherche

Ksenia ERMOSHINA

Postdoctorante

Céline VASLIN

Secrétaire générale

Chercheurs associés et invités

Valérie Schafer, professeure en histoire européenne contemporaine à l'Université du Luxembourg, Camille Paloque-Berges, ingénieure de recherche au Cnam, Félix Tréguer, chercheur postdoctorant à Sciences Po, et Maxime Lambrecht, professeur invité à l'UCLouvain et à l'ERG, chercheur en éthique et en droit d'Internet à la Chaire Hoover d'éthique économique et sociale, sont chercheurs associés.

Marida Di Crosta, maître de conférences HDR à l'Université Jean Moulin Lyon 3 est en délégation jusqu'en septembre 2019. Liudmila Sivetc, doctorante à l'Université de Turku (Finlande) et Andrew Feenberg, philosophe, titulaire de la Chaire de philosophie de la technologie à l'École de communication de l'Université Simon Fraser (Canada), sont chercheurs invités.

Thèmes

Le cœur scientifique du CIS est l'étude des politiques de l'Internet sous toutes ses facettes, avec une attention particulière aux dynamiques de collaboration, d'horizontalité et de production entre pairs et à comment elles sont déployées comme réponses et détournements aux stratégies des acteurs dominants.

  • Histoire de l'informatique, usages, préservation, créativité

    Comprendre les dispositifs numériques suppose de les réintroduire dans le temps long d'une histoire qui ne s'arrête pas à leurs artefacts et qui les restituent dans l'environnement politique, économique, social et technologique qui les a accompagnés et qui poursuivra leur développement (Schafer et Thierry, 2016). Ces approches généalogiques posent de nombreuses questions méthodologiques (par exemple sur la cartographie du Web, sur les archives et le patrimoine nativement numérique, sur l'utilisation des traces numériques, etc.) qui ne concernent pas que les historiens de l'Internet, mais interrogent tous ceux qui mobilisent ces matériaux.

  • Information, création, biens communs, sciences citoyennes

    Les approches par le cadre techno-juridique et l'économie politique des plateformes et des infrastructures de la production et de la distribution de l'information et de la connaissance (Lessig, 1999, Boyle, 2003, Benkler, 2006) distinguent entre centralisation et marchandisation de l'information par des acteurs dominants d'une part, et définition d'alternatives pour le partage, la co-production, et la libre disposition des ressources et de la connaissance sur la base de biens communs par des communautés en ligne d'autre part (Ostrom, 1990, Capra et Mattei, 2015, Cornu, Rochfeld & Orsi, 2017). Parmi les cas d'études de biens communs et de production par les pairs, on compte la numérisation des œuvres du domaine public, l'accès ouvert aux publications et aux données scientifiques, et la réutilisation des informations et des données publiques (open data).

  • Infrastructure, IA, plateformes

    Dans la lignée de travaux en histoire des techniques et de l'innovation (Abbate, 1999 ; Schafer & Thierry, 2015 et 2016), en sociologie des sciences et des techniques (Bowker et Star, 1999 ; Akrich et al., 2006) et en droit (Lessig, 1999 ; Cohen, 2012, Brown & Marsden, 2013), cet axe s'intéresse aux dispositifs numériques, à toutes ces architectures, langages de programmation, protocoles, algorithmes, standards, applications, couches, réseaux, interfaces, traces, etc. qui constituent l'internet au sens large, depuis les premières phases de leur conception, jusqu'à leurs usages et aux règles, données et informations qui en résultent, en passant par les multiples modalités qui les partagent, les transforment, les enrichissent, les déforment, les gouvernent, et les font gouverner. Ces objets ont pour spécificité de brouiller les frontières (Oram, 2001) : les usagers deviennent des co-concepteurs ; le patrimoine numérique informe les développements présents et futurs des réseaux ; les enjeux politiques s'écrivent en code ; les comportements deviennent des valeurs monnayables.

  • Science des données

    On assiste aujourd'hui à ce qui a été défini comme la datafication, ou « mise en données», de nos sociétés (van Dijck, 2014), rendue possible par une convergence de plusieurs dynamiques : une progression significative des moyens de captation, de stockage, de reproduction et de traitement des données ; une explosion du volume des données qui transitent par ces infrastructures ; une diversification des données ; l'essor de l'internet des objets et de l'intelligence artificielle. Exemple frappant de ces dynamiques, les données personnelles numériques ouvrent la voie, non sans tensions, à de nouveaux modèles économiques et décisionnels basés sur leur exploitation algorithmique intensive et souvent problématiques vis-à-vis de la vie privée (Pasquale, 2015). Ces tensions ont lieu dans le contexte des grandes masses de données (big data), des techniques d'analyse par la science des données et la fouille de données (data mining) et d'apprentissage automatique (machine-learning), et de la tension entre l'accès aux données et la protection de la vie privée (droit à l'oubli, traces).

  • État, citoyenneté, surveillance, profilage, censure, propagande

    Dans les années 1990, le numérique apparaissait comme un formidable défi lancé à la souveraineté des États et à leur politiques de sécurité, Aujourd'hui, à l'ère d'une concentration de l'espace public numérique et d'un nouveau cycle technologique marqué par les grandes masses de données (big data) et la gouvernementalité algorithmique (Rouvroy et Berns, 2012), Internet se donne à voir comme un enjeu décisif pour l'équilibre démocratique et la stabilité géopolitique de nos sociétés (Brousseau et al., 2012 ; Tréguer 2017). Dans cette optique, cet axe se propose d'enquêter sur les reconfiguration des pratiques de pouvoir à l'ère des réseaux numériques, au croisement de la théorie politique, de l'histoire, de la sociologie et du droit. Parmi les objets de recherche, il s'agira notamment d'étudier les mutations numériques des États et des pratiques telles que la censure et la surveillance, la propagande et le phénomène des « fake news », les conflits intra- ou inter-étatiques. Symétriquement, cet axe s'intéresse aux logiques de résistance à ces pratiques, et à la défense des libertés publiques à l'ère numérique.

Actualités


Séminaire du CIS

Première séance du séminaire du CIS le 22 mai 2019 à Paris avec Stefaan Verhulst (New York University) pour un exposé (en anglais) sur les partenariats public-privé de partage et analyse de données ayant un impact social.

140e assemblée de l'Union interparlementaire (UIP)

Tommaso Venturini invité à l'audition d’experts sur les mesures parlementaires visant à lutter contre la désinformation et les fake news.

Publications du CIS

Liste des publications du Centre Internet et Société depuis le 1er janvier 2019.

Les résistants du Net. Critiques et contournements des frontières digitales en Russie

Le projet ANR ResisTIC se poursuit et organise un séminaire consacré à l'analyse des pratiques résistantes face aux dispositifs croissants et complexes de contrôle des activités en ligne.

Systems theory for the Disorders Of Online Media

Le projet DOOM, porté par Paolo Frasca (GIPSA-lab, UMR5216) et auquel participe Tommaso Venturini, a été retenu dans le cadre de l'appel à projets 80 | Prime de la Mission pour les initiatives transverses et interdisciplinaires (MITI) du CNRS.

Qu’est-ce qu’une archive du web ?

Cet ouvrage de Francesca Musiani, Camille Paloque-Bergès, Valérie Schafer et Benjamin G. Thierry (OpenEdition Press, 2019), lauréat d'OpenEdition Books Select et diffusé en accès ouvert, porte sur le patrimoine nativement numérique.

Francesca Musiani fait son reset du Web centralisé

Cet entretien sur les différents modèles d’architecture du réseau a été enregistré et publié en mars 2019 dans le cadre de la démarche collective Quel numérique voulons-nous ? impulsée par la Fing.

Network infrastructure as commons

Le projet européen H2020 netCommons a pris fin en décembre 2018. Certaines publications sont d'ores et déjà disponibles en libre accès, d'autres en préparation.

Next-Generation Techno-Social and Legal Encryption Access and Privacy

Le projet européen H2020 NEXTLEAP a pris fin en décembre 2018. Certaines publications sont d'ores et déjà disponibles en libre accès, d'autres en préparation.

Contact

Centre Internet et Société
CIS-CNRS

59-61 rue Pouchet
75849 PARIS CEDEX 17

Métro Brochant ou Guy Môquet

Tél. : +33 1 40 25 12 75
Mél. : cis@cnrs.fr
Liste de diffusion : cis-com
Twitter : @cis_cnrs