Enjeux et effets des dispositifs numériques sur la relation médicale au prisme du traitement du syndrome des apnées du sommeil en période de Covid-19

Le rapport de recherche de ce projet a été présenté au cours d’une matinée d’étude, qui s’est tenue le 20 mai 2022 et a été enregistrée.

Résumé

Le syndrome d’apnées du sommeil constitue une pathologie extrêmement fréquente, posant un défi en matière de santé publique. Ils sont traités en première intention par ventilation en pression positive continue (PPC). Depuis le milieu des années 1990 les PPC sont équipées de mémoire interne qui permet de collecter les données respiratoires des patients, renseignant ainsi à la fois quant à l’efficacité du traitement et à son observance. Ces données étaient collectées par l’intervenant au domicile et transmises au médecin sous forme papier donnant à celui-ci une vision différée rétrospective. Ce dispositif s’est enrichi à partir du milieu des années 2000 de la possibilité pour le médecin de les consulter sur des sites internet sécurisés administrés par les prestataires de santé à domicile (PSAD), permettant de s’affranchir du courrier papier, cependant la temporalité restait celle de l’analyse rétrospective. Depuis cinq ans les machines de PPC sont « communicantes », dotées de technologie permettant d’envoyer quotidiennement les données directement vers des serveurs consultables par les médecins. Réciproquement il est possible à la fois pour le médecin, ou pour le PSAD sur prescription médicale, de modifier le réglage de la machine à distance.

La pandémie de SARS-coV-2 a été un puissant accélérateur de la mise en œuvre de ces dispositifs, en raison des nécessités de distanciation physique imposée par maladie COVID-19. Dans le cadre de PPC, si les médecins ont à leur disposition l’ensemble de toutes les données médicales de leurs patients et doivent décider en fonction, il est prévu d’y introduire des techniques d’intelligence artificielle pour former un système à initiative mixte : la machine fournit à l’humain des informations ou des estimations concernant la « bonne » décision et l’humain décide au final.

Cette étude a comme objectif de mener une analyse interdisciplinaire des enjeux et effets des dispositifs numériques dans la relation médecin/patient, spécialement dans le cadre d’une maladie chronique, en prenant avantage de l’augmentation du recours aux dispositifs de télémédecine à l’occasion de la pandémie Covid-19.

FINANCEMENT

Ce projet, déposé par le groupe de travail Santé, numérique et IA du GDR Internet, IA et Société, est financé par l’Institut la Personne en médecine (ILPEM), Université Sorbonne Paris Cité.

Partenaires

Porté par Cristina Lindenmeyer (psychanalyste, professeure de psychopathologie à l’Université Sorbonne Paris Nord, UTRPP), ce projet réunit Yanita Andonova (MCF en sciences de l’information et de la communication, LabSic, Université Sorbonne Paris Nord), Jean-Michel Besnier (professeur émérite de philosophie à Sorbonne Université), Grégory Bonnet (MCF HDR en informatique, GREYC, Université de Caen Normandie), Bénédicte Bévière-Boyer (MCF HDR en droit privé et sciences criminelles, Université Paris 8), Michael Chocron (psychologue clinicien, ATER à l’Université Sorbonne Paris Nord), Jean-Marc Deltorn (chercheur au Centre d’études internationales de la propriété intellectuelle, CEIPI, Université de Strasbourg), Aloïse Quesne (MCF en droit, CRLD, Université Paris-Saclay, Evry Val d’Essonne, membre associé de l’Institut Demolombe, Université de Caen Normandie), Marie-Pia d’Ortho (médecin, professeure à l’Université de Paris, directrice scientifique du Digital Medical Hub, directrice du service de physiologie, explorations fonctionnelles de l’hôpital Bichat-Claude‐Bernard, AP‐HP), Gérard Reynier (psychologue clinicien à l’hôpital Saint-Louis), Geneviève Vidal (MCF HDR en sciences de l’information et de la communication, LabSic, Université Sorbonne Paris Nord).