Genèse d’un autoritarisme numérique. Répression et résistance sur Internet en Russie, 2012-2022

Genèse d’un autoritarisme numérique, Presses des Mines, 2023

Françoise Daucé, Benjamin Loveluck, Francesca Musiani (dir.), 2023, Genèse d’un autoritarisme numérique. Répression et résistance sur Internet en Russie, 2012-2022, Presses des Mines, 218 p.

Françoise Daucé (CERCEC-EHESS), Benjamin Loveluck (Télécom Paris) et Francesca Musiani (CIS-CNRS) publient en mai 2023 aux Presses des Mines Genèse d’un autoritarisme numérique. Répression et résistance sur Internet en Russie, 2012-2022.

Ksenia Ermoshina (CIS-CNRS) a participé à plusieurs chapitres.
Cet ouvrage est disponible en accès ouvert.

Médias

Anne Cagan, entretien avec Francesca Musiani, 2023, « En Russie, Internet censuré : ‘Poutine voit dans le numérique un instrument de contrôle’ », L’Express, 30 juillet 2023. Texte intégral

Isabelle Mandraud, « Genèse d’un autoritarisme numérique » : l’Internet russe, de la libéralisation à la répression, LeMonde.fr, 11 juillet 2023. Premières lignes en accès libre

Pablo Maillé, entretien avec Françoise Daucé, « La Russie est passée d’un Internet sous régime autoritaire à un Internet sous régime de guerre », Uzbek&Rica, 30 juin 2023. Texte intégral

Évènements

19.9.2023, 17h à 19h, Sciences Po, Paris 7e
Discussion organisée par le groupe « Au-delà du postsoviétisme : sociétés et territoires en mouvement » du CERI, en partenariat avec le séminaire « Autoritarisme, guerre et mobilisations dans l’espace postsoviétique » (CERCEC-EHESS).

Résumé

Dans le sillage de la fin de l’URSS, l’Internet russe s’est d’abord développé librement, laissant l’initiative à de nombreux acteurs inventant des outils numériques ajustés à leurs usages. Cependant, depuis le début des années 2010, le tournant autoritaire au sommet de l’État russe a entraîné le déploiement d’un maillage d’emprises et de contraintes qui s’est resserré tant sur les acteurs que sur les infrastructures numériques du pays.

Alors que le réseau a longtemps porté les espoirs de démocratisation de la sphère publique russe, son encadrement s’est constitué progressivement, au fil de controverses et d’épreuves. Malgré les critiques et les contournements militants et citoyens, l’oppression numérique a participé de la souverainisation politique et de la dynamique belliciste dont le moment culminant a été l’invasion de l’Ukraine en février 2022.

Le livre, nourri par les enquêtes de terrain réalisées dans le cadre du projet ANR ResisTIC, dessine un panorama de la gouvernance coercitive et des usages numériques émancipateurs en Russie, de la paix à la guerre. Il met l’accent sur les multiples acteurs et objets numériques au coeur des controverses politiques et des tensions d’usage dans l’espace numérique russe dans les années 2010. Il montre les processus de construction de l’oppression numérique, au fil des critiques, confl its et contournements qui mettent aux prises tant les acteurs publics que privés, tant les partisans de l’ordre du net que les défenseurs de ses libertés. Au prisme du cas russe, ce sont les reconfigurations numériques contemporaines, de la surveillance à la souveraineté, que ce livre interroge.

Françoise Daucé est directrice d’études à l’EHESS et membre junior de l’IUF. Elle étudie les relations entre l’État et la société en Russie. Ses travaux portent sur les formes de domination politique, à la fois coercitives et libérales, qui s’exercent dans différents domaines : l’armée, la société civile et les médias.

Benjamin Loveluck est maître de conférences en sociologie à i3-SES, Télécom Paris, Institut Polytechnique de Paris et chercheur associé au Centre d’études et de recherches en sciences administratives et politiques (CERSA, CNRS-Paris 2). Ses travaux portent sur les pratiques politiques en ligne, les libertés numériques et la régulation d’Internet.

Francesca Musiani, docteure en socio-économie de l’innovation de MINES Paris (2012) et habilitée à diriger des recherches en sociologie (2022), est chargée de recherche au CNRS, co-fondatrice et directrice adjointe du Centre Internet et Société du CNRS. Elle est chercheuse associée au Centre de Sociologie de l’Innovation (i3, MINES Paris) et à l’Internet Governance Lab (American University, États-Unis). Ses travaux portent sur la gouvernance d’Internet, la protection de la vie privée et les politiques des infrastructures numériques.