Science ouverte et société

Coordination : Jean-Baptiste Scherrer (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne), Célya Gruson-Daniel (Inno3, HackYourResearch, COSTECH-UTC), Nicolas Loubet (Oxamyne)

La science ouverte contribue à faire évoluer les pratiques de recherche en faisant la promotion d’une plus grande ouverture de la production et de la diffusion des savoirs scientifiques.

Qu’elle soit interprétée comme un prolongement de l’idéal du partage et de l’universalité des savoirs ou comme la réaction spontanée aux possibilités offertes par les technologies numériques, la science ouverte s’accompagne d’un ensemble de réponses techniques, législatives, organisationnelles et politiques mises en œuvre ces dernières années.

En France, l’adoption de la loi Pour une République Numérique dont un article portait sur le libre accès aux publications scientifiques (article 30) ou encore un plan national pour la science ouverte en 2018 ont fait de cette thématique un élément clé des politiques publiques de la recherche française. La science ouverte représente au sein des instituts de recherche un vaste champ de mesures pour équiper la recherche et les chercheurs des connaissances et d’infrastructures nécessaires afin de faciliter l’accès, le partage et la mise à disposition des publications, données et autres objets de recherche (code source, cahier de laboratoire, etc.).

Outre ces activités, la science ouverte se traduit aujourd’hui par d’autres initiatives et réflexions sur les modalités même de production, d’usage, de transmission et de gouvernance des savoirs, en impliquant une diversité d’acteurs et en s’inspirant de différents courants de pensées et d’actions collectives contemporaines.

Aussi, le groupe de travail Science ouverte et Société a pour intention de montrer et faire l’expérience de ces différents regards portés sur la science ouverte. Pour cela, le groupe organise une rencontre le 3e jeudi de chaque mois (11h-12h30) en invitant une ou des personnes à présenter une initiative/un projet qui questionne la place des savoirs au sein de nos sociétés (sans forcément être associé au vocable de « science ouverte »).

En s’intéressant à d’autres mouvements – le care, les épistémologies décoloniales, l’éducation populaire, l’économie sociale et solidaire, les communs, etc. – ce groupe souhaite mettre en dialogue la diversité des formes d’ouverture de la science, que ce soit dans l’accès aux ressources, l’organisation des activités de recherche, la construction de démarches et de postures – individuelle et collective – de recherche, la valorisation et les échanges (marchands-non marchands) de connaissances ou encore l’appropriation et réutilisation de productions ouvertes.

Bien d’avantage qu’observer, l’objectif est de faire l’expérience de diverses modalités de production et de circulation des savoirs. Ce groupe a pour vocation d’être un lieu de rencontre et une aide pour faciliter l’émergence de projets concrets entre différents acteurs (publics, privés, citoyens) attentifs aux démarches d’enquête et de recherche et à leurs spécificités.

Une attention toute particulière sera portée sur les objets, espaces et personnes frontière(s) ouvrant des interstices de médiation. Un des terrains d’étude sera notamment celui de la documentation et de la narration collective comme interface clé de croisement et d’évolution des regards, des démarches et des savoirs.